Destin ou déstinée : La roue de Fortune
Avec La Roue de Fortune, nous entrons dans une nouvelle étape du Tarot. À travers ce nombre « 10 » (1 + 0) s’amorce un nouveau cycle d’évolution mais sur un autre plan, plus subtil que le précédent. Ce nouveau commencement nécessite d’avoir intégré les neuf archétypes précédents pour entrer dans une obligation d’incarnation, si nous sommes prêts à continuer notre quête spirituelle.
Le « 10 » est la contraction théosophique du chiffre « 4 » et représente le « Tétragramme » ou la « Monade en Croix » (1 + 2 + 3 + 4 = 10). L’Homme est au milieu de la création, conscient de l’univers qui l’entoure. Le travail consiste donc à donner une expression complète au territoire qui nous a été imparti (le 4) et dans lequel nous avons choisi d’une manière karmique de naître. Cela signifie que l’humain, cet être ambivalent, va devoir assumer sa partie héritée et savoir ce qu’il va en faire. Or, nombre d’entre nous n’affronteront pas la question « Qui-je-suis ? ».
Carl Gustav Jung: « Ce qui ne vient pas à la conscience revient sous forme de destin. »
Le mot Tarot vient de l’italien tarocco, mais certains avancent qu’il pourrait dériver du mot rota, la roue, ce symbole du destin, puisqu’elle est à l’image de notre vie ou de nos vies successives ; cycles du cosmos représentés entre autres par la roue astrologique et ses douze signes, ou par le mythe d’Hercule et ses douze travaux.
Quant à la fortune de fortuna, elle évoque la fatalité, le destin ou le mektoub chez les musulmans. Voilà pourquoi cet arcane énigmatique est d’une grande profondeur, car il demande à l’Homme : vas-tu rester esclave de ta vie, dans ta fatalité, séparé du Divin ? Ou bien, au contraire, grâce une prise en main de toi-même, vas‑tu comprendre que le « Je Suis » est le chemin, la vérité, la vie ? Cette énigme que pose le sphinx juché sur la roue est représentée par cette manivelle blanche qu’il est nécessaire de prendre en main pour devenir responsable de notre existence. Or, nous savons bien que la vie nous aspire, tantôt dans un mouvement ascendant, tantôt descendant, entraînant parfois une forme de défaitisme. Ces mouvements contraires, symbolisés par les deux animaux (dépourvus de mains) accrochés à la roue, nous représentent bien : sans cesse oscillant entre nos pulsions animales involutives et nos aspirations spirituelles qui veulent introduire de l’esprit dans la matière. D’une part, les forces d’en haut qui demandent à descendre, et d’autre part, un être qui, par sa volonté, sa détermination et sa foi, veut s’élever. D’un côté, la Grâce et l’aide des archétypes, de l’autre, le cri de l’Homme souffrant.
Alors comment réussir l’examen de passage sans être précipité dans les abîmes de l’inconscience ? Comment ne pas rester sur la jante, sur la périphérie de cette roue et donc de nous-mêmes ? Comment sortir des cycles infernaux, des répétitions, des vies successives et de l’éternel retour ? Si, comme OEdipe, nous affrontons le Sphinx et répondons à sa question : « Quel est cet être qui marche sur quatre pattes le matin, sur deux pattes à midi et sur trois pattes le soir ? ». Si nous partons à la rencontre de nos animaux intérieurs, trouvons la solution de l’énigme par un travail d’intériorisation ; si nous assimilons et intégrons à chaque nouvelle expérience de vie, nous pourrons actionner dans le sens de notre évolution cette Roue de Fortune, et accèderons à la naissance de l’Esprit.
- LUMIÈRE DE LA ROUE DE FORTUNE
Déposer les masques. Affronter ses démons. Évoluer. Trouver son centre. Innover. Inventer. Changer. Poser des questions. Prendre le pommeau le Yod.
- OMBRE DE LA ROUE DE FORTUNE
Instabilité. Conventionalité. Soumission grégaire. Fatalité. Obéissance passive. Routine. Disque rayé. Mémoires toxiques. Secrets de famille. les TOC.
