L'Hermite : Le retour sur Soi
Les neuf premiers arcanes du Tarot sont les neuf premiers outils mis entre les mains de l’Homme pour accomplir sa tâche de co-création, c’est-à-dire le travail de mise en lumière de ce qui ne l’est pas encore, incarner les principes spirituels dans la matière. Avec cette neuvième lame, nous terminons une série de personnages qui représentent notre identité totale, archétypale, ou les neuf dimensions de notre être. L’Hermite met donc en lumière l’enseignement contenu dans les arcanes précédents : conscience du « Soi », intériorité, intelligence, pouvoir de réalisation, savoir et communication, affectivité, énergie, sens du juste.
Pour cette lame numéro « 9 » et comme pour l’arcane « 4 », une barre a été ajoutée au nombre précédent pour indiquer un processus d’évolution (VIIII). Or, nous ferons le parallèle ici avec L’Empereur, avec toujours l’axe du Pape (5), puisque le « 9 » (5 + 4) est l’aboutissement de cette libre expression. Homme libre, non sur le plan existentiel de L’Empereur qui a le pouvoir de gérer le plan matériel, mais libre de décision sur le plan de l’essentiel. Si le chiffre « 4 » représente la stabilité de la matière, le « 9 » symbolise la stabilité mentale et émotionnelle. Il marque la fin d’un processus ou d’un cycle (le temps de gestation de la vie intra-utérine, par exemple), et annonce un besoin de renouvellement ainsi que la nécessité de faire le point pour se rassembler afin de reformer un tout unitaire. Symbole de réunification et de plénitude, il est toujours présent lorsque l’on fait un retour sur soi. C’est de cela que nous parle ce nombre : une capacité à intégrer pleinement ce que l’on est, tout en demeurant ouvert à un dépassement.
« J’AIME L’HERMITE : C’EST MERLIN, GANDALF, DUMBLEDORE, PROFESSEUR TOURNESOL OU MÊME L’INSPECTEUR COLOMBO ! »
Le mot ermite, du latin eremita, évoque une personne qui vit seule pour prier, et par extension un chercheur de vérité qui préfère se retirer, en quête d’une rencontre intérieure. Il se détourne du monde de l’illusoire, de la sentimentalité et de la richesse, pour entrer en communion avec son être profond, qui est témoin du Divin en lui-même.
C’est en passant par le Soi et en intégrant tout ce qu’il est, qu’il pourra créer du plus. Or, L’Hermite est par excellence cet humain qui peut dépasser ses obsessions individuelles pour rentrer dans une préoccupation essentielle à la lueur de sa propre lumière. Ainsi, grâce à sa lampe il est un éclaireur, mais possède surtout l’intelligence de voir l’unité dans la diversité, c’est‑à‑dire l’esprit qui se cache dans la matière. De sa main gauche, il ne s’appuie pas sur son bâton mais le pose comme dans un geste de guérison. C’est une prise en main du serpent rampant en nous. Il le redresse dans son horizontalité pour soigner l’émotionnel débridé. Ce bâton nous évoquera le caducée d’Hermès, symbole de ceux qui guérissent avec leurs mains. Une piste s’ouvre alors à nous pour comprendre pourquoi orthographier L’Hermite de cette façon. Évidemment, ce « H » est lié à l’humain. Mais vous trouverez dans de nombreux ouvrages la référence à un autre personnage mythique : Hermès Trismégiste (associé au Dieu égyptien Thoth), le « trois fois Grand », qui fut roi, juge et prêtre, considéré comme l’inventeur de l’écriture et l’auteur de nombreux traités magiques et religieux.
L’Hermite est donc en lien avec la solitude, la solidité et la solidarité. La solitude dans le sens de son cheminement intérieur, la solidité en tant que force intérieure libérée des états émotionnels, et enfin la solidarité en tant qu’aboutissement du pouvoir de sa lanterne avec laquelle il devient guide et transmetteur de sa propre sagesse.
- LUMIÈRE DE L’HERMITE
Rassembler les morceaux. Se connaître. Compassion. Altruisme. Mettre au monde ce qui vient de l’Esprit. Fraternité. Humanisme. Don de Soi. Qûete spirituelle.
- OMBRE DE L’HERMITE
Enferment. Isolement. Misanthropie. Paranoïa. Égarement. Coupure avec le réel. Repli sur Soi.
